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Formation et peuplements

Les îles continentales (comme la Corse) sont des fragments de croûte terrestre séparés du continent dont elles ne sont pas très éloignées. Ces îles sont peuplées par des organismes qui se sont dispersés activement par la voie terrestre. Après la séparation du continent, le peuplement s'est poursuivi passivement.

Les îles océaniques (comme les îles polynésiennes ou hawaiiennes), issues du fond des océans, sont d'origine volcanique ou coralienne. Elles sont peuplées grâce à un transport passif d'organismes par la voie des airs, par des radeaux de végétation apportés par les courants marins ou par l'homme.

Dans une île continentale, le peuplement est en général plus riche, car il reste une partie des espèces du continent.

La richesse d'une île en espèces animales et végétales augmente avec la surface et diminue avec la distance au continent le plus proche.

La colonisation des îles du Pacifique par des charançons originaires de Nouvelle-Guinée s'est faite à la façon d'une course apr élimination. Le nombre despèces dans chaque île diminue très vite avec la distance à la Nouvelle-Guinée. Alors qu'on compte 48 espèces en Nouvelle-Guinée, le nombre chute à 16 en Nouvelle-Calédonie, pour atteindre 1 espèce sur l'île Henderson, la plus éloignée (Encyclopédie Larousse de la Nature).

 

 

Le nombre d'espèces endémiques, c'est à dire propres au lieu considéré, est élevé, surtout dans les régions tropicales. A Madagascar, 65 p. 100 des végétaux sont endémiques (99 p. 100 en Nouvelle-Guinée). L'éloignement de certaines îles explique l'absence de groupes d'animaux, qui n'ont pu y arriver. Aux îles Hawaii, il n'existait (avant les introductions humaines) ni poisson, ni amphibien, ni reptile, ni mammifères terrestres. Par contre, on y trouve 700 espèces de mouches drosophiles, toutes endémiques, soit les deux tiers des espèces du monde entier.

Quand une espèce colonise une île, c'est à partir de quelques individus, parfois même d'une seule femelle fécondée. La population à effectifs réduits qui se forme est constituée par des individus qui évoluent rapidement et donnent autant d'espèces nouvelles qu'il y a de niches écologiques vides dans l'île. Ce phénomène, appelé radiation adaptative, est connu, par exemple, chez les pinsons de Darwin des îles Galapagos ou chez les drosophiles et les oiseaux drépanidés des îles Hawaii.

Les oiseaux des îles Hawaii (fringillidés) se sont différenciés à partir d'un ancêtre unique qui mangeait des graines. Les espèces actuelles ont des régimes variés. celles à bec allongé et à langue longue recherchent le nectar des fleurs ; d'autres à bec gros et court, mangent des fruits et des graines ; le Pseudonestor à bec de perroquet se nourrit d'insectes du bois, à la manière des pics (Encyclopédie Larousse de la Nature).

 

 

Des oiseaux incapables de voler existent (ou ont existé) dans les îles. Le dronte de la Réunion et le dodo de l'île Maurice étaient de gros pigeons pesant jusqu'à 10 kilos, qui furent une proie facile pour les premiers explorateurs. Cette particularité semble due à l'absence de mammifères prédateurs dans ces îles ; cela a permis à des oiseaux peu aptes à s'enfuir de survivre et de se développer. Le cormoran aptère est une espèce endémique de l'archipel des Galapagos. Il est en voie d'extinction, c'est l'une des espèces d'oiseaux les plus menacées de la planète.

Cormoran aptère - Phalacrocorax harrisi (Wikimedia Commons)

 

 

 

Nanisme et gigantisme

La Sicile, Chypre et Malte ont hébergé des éléphants de moins de 1 mètre de hauteur et des rongeurs géants, ainsi qu'une musaraigne (Deinogalerix) qui mesurait plus de 50 centimètres (les espèces continentales ne dépassent pas 9 centimètres). L'absence de grands prédateurs a permis de survivre et de se développer aux individus nains des espèces de grande taille (qui n'avait pas lieu de se défendre), et aux individus géants des espèces de petite taille (qui n'avaient pas besoin de se dissimuler).

 

Diversité et fragilité

Si les espèces sont moins nombreuses dans les îles, elles occupent en général des milieux plus diversifiés et leur fécondité est plus faible que sur les continents. La végétation originale de l'île Sainte Hélène a été presque anéantie par l'introduction des chèvres. Beaucoup d'espèces insulaires ont des effectifs très faibles.

Ainsi dans l'île Stephen, au large de la Nouvelle-Zélande, vivait un oiseau incapable de voler, le xénique, dont on connaissait à peine une vingtaine d'individus, et qui a été exterminé en 1894 par le chat du gardien du phare. Il avait semble-t-il l’aire de répartition naturelle la plus réduite de tous les oiseaux connus. Il était peut-être le seul passereau incapable de voler. Il paraît vraisemblable que le déboisement pour la construction du phare, en 1894, ait aussi contribué significativement à l’extinction de l’oiseau.